Remettre au goût – et aux normes – du jour un immeuble d’appartements sociaux de 1958, négligé mais toujours occupé, n’est pas une mince affaire. Beliris s’y emploie avec succès, qui plus est dans un quartier de St-Josse (Bruxelles) qui n’est pas le plus séduisant…

La commune de St-Josse, au centre de Bruxelles, affiche de multiples particularités sur une superficie réduite: 1,1 km2, forte densité de population avec plus de 27.600 habitants (+23% en 10 ans) et 32.590 attendus en 2020, ce qui en fait une des communes les plus petites et les plus densément peuplées du pays. Une des plus pauvres et une des plus jeunes aussi, avec un brassage culturel hors normes. Les besoins en logements y sont donc criants et les Hbm (Habitations à Bon Marché) qui proposent des logements sociaux dans la commune sont forts sollicitées.

Du coup, toute opération immobilière de reconversion/rénovation/transformation est bienvenue. C’est le cas du complexe d’immeubles traversant (rues des Plantes et Linné) que Beliris rénove en profondeur en s’approchant du standard passif.

50 logements sociaux

Le projet concerne deux bâtiments et leurs abords: une tour de 13 étages qui était dans un état de décrépitude avancée et un bâtiment de 5 étages qui n’était pas plus vaillant. Cinquante logements sociaux de 1 à 3 chambres seront ainsi réhabilités et cerneront un nouveau petit parc public en intérieur d’îlot. Ce dernier sera également bordé par une crèche pour 36 enfants pour laquelle un coffrage courbe spécial a été réalisé par la société française Agilbois (Auvergne-Rhône-Alpes), spécialisée dans les coffrages bois sur mesure et les moules pour béton. Un parking sous le petit parc public a également été aménagé en modifiant la superstructure en béton du parking souterrain existant.

Revitalisation

L’initiative, financée par Beliris, s’inscrit dans la lignée de projets de revitalisation de quartiers bruxellois et est réalisée en collaboration étroite avec les Hbm ainsi qu’avec les intervenants des services régionaux et communaux concernés.

L’exécution du projet se déroule en plusieurs phases. Les bâtiments ont d’abord été désamiantés, mais sans qu’il soit nécessaire d’installer un confinement. La phase suivante de rénovation est en cours et estimée à 22 mois. Comme dans toute rénovation qui se respecte, quelques surprises sont venues perturber le planning du chantier: pollution du sol à traiter, béton fissuré à réparer à l’intérieur et à l’extérieur, caves à remblayer sous la crèche,… Le tout sur une parcelle de 2.000 à 2.500 m2.

Bâtiment exemplaire

Le projet a également reçu le label «Bâtiment exemplaire» de Bruxelles Environnement en raison de ses bonnes performances environnementales au niveau de la consommation d’eau et d’énergie, du choix des matériaux et de la qualité architecturale. Ainsi, le solde d’énergie nécessaire au chauffage et à la production d’eau chaude sera produit par 400 m2 de panneaux solaires posés sur tout le pignon latéral de la tour. De même, une ventilation double flux avec récupération de chaleur à concurrence de 90% garantira une qualité de l’air constante dans les logements et la crèche. De 162 kWh/m2/an en 1958, on passera à 8 kWh/m2/an à  l’achèvement du projet.

Une citerne d’eau de pluie est également prévue pour l’entretien de l’espace vert et des communs ainsi que pour alimenter les toilettes de la crèche. Des toitures vertes contribuent elles aussi à ce dispositif en retenant une partie de l’eau de pluie.

Côté façades, on utilisera notamment des cassettes de bois préfabriquées comblées avec des flocons de cellulose et recouvertes ensuite de murs-rideaux de Cib en panneaux Trespa avec des capotages en alu blanc au niveau des dalles. Les châssis sont en bois à l’intérieur et couverts d’un capotage en alu à l’extérieur. L’éclairage des communs se fera par leds.

Sans être particulièrement complexes, les travaux de l’ensemble Linné-Plantes nécessitent de trouver un équilibre acceptable entre l’investissement, les prestations environnementales et les qualités architecturales. Les différents intervenants du projet semblent y parvenir.

Laisser un commentaire