Le 22 juin prochain se déroulera, à l’initiative de la Fédération des Entreprises de Belgique (Feb), une session sur le thème «La formation est un talent, la formation en alternance aussi».

Avant cela, le 6 juin dernier en l’occurrence, la ministre wallonne en charge de l’Emploi et de la Formation, Eliane Tillieux, et l’Ifapme ont rassemblé les représentants des «grandes entreprises» publiques et privées à Namur, au cercle de Wallonie, là encore autour de la thématique de l’alternance. Objectif: éclairer les acteurs présents sur ce pari gagnant-gagnant et les convaincre d’ouvrir les portes de leur organisation publique/entreprise aux apprenants en alternance. Pour rappel, le Gouvernement wallon s’est fixé comme objectif pour cette législature de positionner l’alternance en tant que filière d’excellence.

La Belgique au bas de l’échelle européenne

On est toutefois loin du compte. Même si tout n’est pas noir pour autant. En effet, sur le plan qualitatif les formations dispensées par l’Ifapme n’ont rien à envier au système allemand ou suisse (des pays «références» où 2/3 des jeunes se forment en alternance!). En revanche, le bilan est autrement plus mitigé sur le plan quantitatif…  À peine 3,5% des élèves de la filière professionnelle suivent une formation en alternance dans notre pays, ce qui place la Belgique tout en bas du classement européen. La moyenne européenne est effectivement quatre fois plus élevée, avec une proportion de 14,8%, et des pays comme le Danemark et l’Allemagne enregistrent des performances se situant à plus de 40%! Nos autres voisins – les Pays-Bas et la France notamment – font également largement mieux, avec des proportions qui atteignent respectivement 18,4% et 11%.

Il reste donc du chemin à parcourir pour rallier à la cause de l’alternance les grandes entreprises, les organismes publics et les indépendants.

Pourtant, à en croire la Feb, les projets déjà mis en place démontrent qu’une bonne collaboration entre les entreprises et l’enseignement profite à tous les acteurs. De plus, la formation en alternance constitue un levier important pour éviter que les jeunes arrivent sur le marché du travail sans compétences ou avec les mauvaises qualifications. Une revalorisation, un renforcement et un élargissement du système d’apprentissage au sein de notre société constituent donc un élément essentiel.

Un investissement souvent gagnant

Cette filière de formation est également un formidable tremplin pour l’insertion des jeunes sur le marché du travail (8 jeunes de l’Ifapme sur 10 trouvent un emploi après leur formation). Chez certains de nos voisins, elle donne aussi accès à l’enseignement supérieur, ce qui contribue d’ailleurs à son succès comme à sa notoriété. C’est ce qui vaut, entre autres choses, à l’Allemagne de figurer sur la 3e marche du podium des pays de l’Ocde ayant le meilleur taux d’emploi des jeunes derrière le Japon et l’Islande.

Les entreprises, de leur côté, sont également gagnantes en bénéficiant d’une main-d’œuvre formée aux réalités du monde du travail, aux techniques et aux technologies utilisées sur le terrain. Le secteur de la construction, par exemple, qui se plaint de ne pas trouver suffisamment de jeunes qualifiés, aurait tout à gagner en accueillant plus d’apprenants – des jeunes généralement très motivés – et en les formant. C’est aussi pour les entreprises du secteur une manière de diversifier et sécuriser les recrutements, de développer les compétences des autres collaborateurs ainsi que leur capacité d’adaptation. Bref, un investissement presque toujours gagnant.

La Wallonie veut faire de l’alternance une filière d’excellence

En Wallonie, 5% des jeunes sont inscrits en alternance pour plus de 7.000 entreprises qui offrent un stage.

De nombreuses filières ont vu le jour pour former des bacheliers en alternance (comptabilité par exemple, et bientôt métreur-deviseur en collaboration avec le secteur de la construction et la promotion sociale) ou des masters en alternance (ingénieur de gestion, biotechnologie, gestionnaire de chantier durable, facility manager,…).

«La forte responsabilisation et implication des partenaires sociaux, des secteurs professionnels s’est concrétisée dans le Pacte pour l’Emploi et la Formation. Mais il faut maintenant passer aux actes, et mobiliser les entreprises pour qu’elles ouvrent de nouvelles places de stage et soient un vrai levier pour le développement et le succès de l’alternance», a souligné la ministre. A cet égard, Eliane Tillieux a tenu à saluer l’engagement de l’Union wallonne des Entreprises d’ouvrir 10.000 nouvelles places de stage d’ici fin 2019.

Pour soutenir et concrétiser cette dynamique avec les partenaires sociaux, la ministre a, au travers du Plan Marshall 4.0, initié une série d’incitants, parmi lesquels:

  • la création d’une plateforme interactive et unique de gestion des places de stage en alternance  pour structurer l’offre et lui donner plus de visibilité;
  • l’engagement de 18 coaches sectoriels (d’ores et déjà actifs) mandatés par 10 secteurs et cofinancés par la Wallonie pour assurer la promotion de l’alternance au sein de leur secteur respectif;
  • l’activation de nouveaux incitants financiers pour favoriser un encadrement de qualité.

Autant de dispositifs qui ont pour objectif de faire de l’alternance une filière d’excellence qui mobilise davantage encore les entreprises, les secteurs professionnels et les partenaires sociaux. Il est plus que temps de concrétiser cette ambition et d’orienter les jeunes vers des métiers d’avenir, dans la performance énergétique des bâtiments, par exemple, les biotechnologies ou encore les métiers impactés par le numérique.

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